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La guerre ne règle rien, au contraire.

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Une étape nouvelle a été franchie par les terroristes de l’organisation « État islamique », qui voudraient exporter dans les rues de Paris ou de Saint-Denis la guerre qu’ils livrent contre les peuples de Syrie et d’Irak, tentent d’introduire des divisions au sein de la population française, cherchent à déstabiliser la République, à mettre à mal la démocratie.

L’insoutenable vidéo de propagande où il apparaissait hilare au volant d’un pick-up transportant un entassement de corps sanguinolents quelque part en Syrie a fait le tour du monde. Il blaguait, niant l’humanité dans ses victimes, tout comme ses complices qui avaient vidé leurs chargeurs au Bataclan et aux terrasses des restaurants avec la même indifférence. L’annonce, jeudi, de la mort d’Abdelhamid Abaaoud lors de l’assaut lancé la veille par les forces de police contre un groupe terroriste qui avait fait halte à Saint-Denis et projetant, semble-t-il, d’autres crimes a un côté rassurant – même s’il eût été préférable de pouvoir l’arrêter vivant. Si l’opération policière a réussi, elle n’en révèle pas moins que le risque que d’autres attentats de Daech soient perpétrés sur le territoire français est encore élevé.

Dans ce contexte extrêmement lourd, une ­semaine après ce vendredi noir du 13 novembre, députés et sénateurs ont été appelés à prolonger pour trois mois l’état d’urgence décrété la nuit du drame par le président de la République. Le vote quasi unanime de l’Assemblée nationale en faveur d’un texte qui par sa nature même introduit jusqu’à la fin du mois de février 2016 un régime d’exception dans notre démocratie doit se comprendre par l’exceptionnelle gravité de la situation que nous traversons. Une étape nouvelle a été franchie par les terroristes de l’organisation « État islamique », qui voudraient exporter dans les rues de Paris ou de Saint-Denis la guerre qu’ils livrent contre les peuples de Syrie et d’Irak, tentent d’introduire des divisions au sein de la population française, cherchent à déstabiliser la République, à mettre à mal la démocratie.

Cent vingt-neuf hommes et femmes, de nombreux jeunes ont été assassinés pour cette funeste entreprise. Dès lors, aucune légèreté n’est de mise, et si l’état d’urgence permet de faciliter des mesures de protection de la population et de mettre hors d’état de nuire ceux qui veulent semer la mort, la question n’est pas de le refuser, mais de l’entourer d’une vigilance démocratique exigeante.

En effet, certaines mesures du projet qui ­modifie la loi de 1955 sur l’état d’urgence pourraient en dépit des déclarations du gouvernement se ­retourner contre la démocratie et l’État de droit. Elles risquent d’introduire une confusion entre la nécessaire sécurité et la tentation sécuritaire, de traiter inégalement les citoyens selon leurs origines, de considérer de façon extensive la notion de « trouble à l’ordre public ».

La démocratie est une arme, sans doute la plus efficace, contre le terrorisme. Cette conviction doit imprégner toute politique de sécurité. La France doit être protégée du syndrome du 11 Septembre qui valut aux États-Unis le PatriotAct et Guantanamo.