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Isolé, le pouvoir se déchaîne contre les syndicalistes

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Gouvernement et patronat s’agitent pour décrédibiliser les salariés grévistes. Leur cible : la CGT, pour diviser les syndicats entre eux et fédérer les Français contre le mouvement social. Quitte à inverser les responsabilités dans la situation créée par le passage en force de la loi El Khomri.

« Terrorisme social », « prise d’otages par une minorité », « grévistes illégitimes »… La chorale réactionnaire est de retour et n’a pas changé de refrain. Cette partition antisyndicale défraîchie est désormais reprise en chœur dans les rangs du gouvernement, pour qui le « dialogue social » rime avec répression et domestication. La mise en scène guerrière et spectaculaire de l’intervention policière sur le site pétrolier de Fos-sur-Mer en dit long sur la stratégie du gouvernement pour discréditer la première force syndicale du pays, au cœur des résistances au libéralisme. Ce type d’opération idéologique, dont la cible privilégiée a toujours été la CGT, restait jusqu’alors l’apanage des Le Pen et Sarkozy, premier président de la République depuis la Libération à avoir organisé, en 2012, une contre-manifestation le 1er Mai.

François Hollande a beau jeu de dénoncer « un blocage décidé par une minorité », lui qui atteint des sommets d’impopularité, isolé comme jamais, réduit à dégainer le 49-3 à chacune de ses initiatives politiques. Les grèves, elles, sont votées démocratiquement par les salariés, et avec des scores sans appel. La loi El Khomri est toujours rejetée par 75 % des Français. Demain, les salariés se mobiliseront nationalement pour la huitième fois depuis le début du mouvement, à l’initiative d’une intersyndicale…

Toujours en tête de la nuée des oiseaux de malheur, Emmanuel Macron n’a d’ailleurs pas résisté à une nouvelle provocation, en appelant à « aller encore plus loin que la loi El Khomri » et « laisser avancer la France qui travaille ». Voilà une bonne idée dont il ferait bien de s’inspirer, plutôt que de prêcher, sous un masque de modernité, un retour au XIXe siècle. « Le bras de fer dans lequel s’engage la CGT est conservateur », a osé quant à lui Manuel Valls, qui se rêve dans les pas du Tigre, assumant une répression des grèves dans « la plus grande fermeté »