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COP 21. La Terre au cœur de l’univers syndical

COP21

La CGT, comme la CSI (Confédération syndicale internationale) et la CES (Confédération européenne des syndicats) avec lesquelles elle travaille depuis des années sur ces questions du climat, revendique « un développement humain durable » et entend donner toute sa place au social.

 

Les activités humaines sont à l’origine du réchauffement climatique. Il est impérieux de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour préserver l’avenir de l’humanité.

Une transition écologique juste s’impose. Elle passe par de profondes transformations des modes de production, ce qui fait du climat une question syndicale à part entière. Retour sur quelques enjeux de la COP 21.

La 21e Conférence of the Parties (COP 21) se tiendra à Paris, plus précisément au Bourget, du 30 novembre au 11 décembre prochains. Seront représentés 195 pays signataires de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée en 1992 à l’issue du Sommet de la Terre, à Rio, au Brésil.

Avec un objectif simple, en apparence au moins : trouver un accord universel et contraignant permettant de limiter, d’ici à 2100, le réchauffement climatique à 2 oC par rapport à la température observée à l’ère préindustrielle. Un engagement pris lors du Sommet de Copenhague, en 2009.

L’humanité à un carrefour Le cinquième rapport publié en novembre 2014 par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)1 l’a confirmé de manière plus nette que jamais : les activités humaines sont à l’origine du réchauffement climatique par concentration dans  l’atmosphère des gaz à effet de serre (GES). Si leur émission continue au rythme actuel, la température moyenne à la surface de la planète pourrait avoir grimpé de 4,8 oC à l’horizon 2100 par rapport à la période 1986 – 2005. Or, dans son précédent rapport de 2007, le GIEC estimait qu’au-delà d’une hausse de 2 oC, un phénomène d’irréversibilité pourrait s’installer. Il est par conséquent impérieux d’inverser la tendance, sauf à mettre gravement en péril non pas tant la planète qui saura cette fois encore s’adapter, mais l’humanité qui la peuple.

Agir pour un développement humain durable Les transports et l’industrie sont les principaux émetteurs de ces gaz à effet de serre. Le rappeler, c’est aussi souligner l’importance des transformations à opérer dans les modes de développement et de production pour transiter vers une économie bas carbone. Les travailleurs sont et seront donc directement concernés, ce qui fait du climat une question syndicale à part entière.

Celles et ceux employés dans les secteurs les plus émetteurs de GES ne doivent pas faire les frais de la transition écologique. Mais la question posée dépasse, et de loin, la nécessaire défense des emplois existants.

La CGT, comme la CSI (Confédération syndicale internationale) et la CES (Confédération européenne des syndicats) avec lesquelles elle travaille depuis des années sur ces questions, notamment dans le cadre des sommets sur le climat, revendique et agit pour « un développement humain durable ».

Ainsi affiche-t-elle « l’ambition de donner toute sa place au social, de surcroît en réaffirmant la solidarité Nord/Sud et en réfutant l’idée de décroissance globale », selon les mots de Marie-Laurence Bertrand, à l’ouverture d’un colloque sur cette question organisé par la CGT en juin 2011. La dirigeante confédérale précisait : « Travail et développement humain durable sont indissociables. »

Une transition écologique juste, partout dans le monde Ce type de transition écologique, qui ne laisse personne sur le bas-côté, suppose justice sociale et accès, partout dans le monde, aux droits reconnus par l’ONU et l’Organisation internationale du travail (OIT), notamment le droit d’accès à l’eau, à l’énergie, à l’éducation, etc., explique Fabienne Cru-Montblanc, membre de la commission exécutive confédérale, animatrice du collectif développement humain durable.

Cette transition juste appelle un transfert de technologies aux pays du Sud qui ne disposent pas des moyens nécessaires, en recherche notamment, pour développer une industrialisation sobre en carbone.

Dans le même temps, elle requiert dans les pays industrialisés, et singulièrement en France, d’investir dans la formation et la qualification des salariés, de procéder à des relocalisations et à l’implantation de zones de production favorisant des circuits courts susceptibles de réduire les acheminements inutiles. Avec la création de nombreux emplois à la clef.

Des déclarations aux actes Ces choix se situent aux antipodes des stratégies financières aujourd’hui en œuvre, selon lesquelles le travail est un coût à réduire… à tout prix.

Mortifères pour les femmes et les hommes qui travaillent ou cherchent à travailler, ces stratégies le sont tout autant pour le devenir de la planète.

Elles ne rencontrent malheureusement guère de résistance de la part des dirigeants français en particulier, qui multiplient au contraire les cadeaux fiscaux pour compenser la moindre contribution à la protection de l’environnement.

« Nous avons le devoir de réussir », a déclaré François Hollande à propos du prochain sommet. Mais ces plaidoiries en faveur d’un accord « ambitieux » n’empêchent pas les attaques répétées contre l’entreprise SNCF, par exemple.

Elles ne se fondent sur aucune volonté apparente de développer une politique sous maîtrise publique dans le domaine de l’énergie ou des transports, respectueuse de l’environnement. Et les salariés sont soumis au régime Macron, qui fait fondre les droits collectifs et les protections autant qu’il gonfle le nombre des autocars lancés sur les routes pour transporter les plus pauvres dans de pauvres conditions.

Considérer l’expertise des travailleurs et des citoyens Des actions convergentes dans les entreprises comme dans les ;territoires peuvent tordre ces logiques. Le travail réalisé en Aquitaine, à l’initiative de la CGT, pour dessiner les contours d’une filière bois pérenne et génératrice de travail décent, met en évidence l’apport et l’expertise des salariés et des populations.

Reste à ce que leurs avis et leurs propositions soient entendus et pris en compte. L’extension des  compétences des instances représentatives du personnel (IRP) au domaine de l’environnement y contribuerait.

Dans l’organisation de la COP, les syndicats et les associations ou ONG ont le statut d’observateurs. Par leur travail en convergence, ils ont acquis un poids réel.

Ils sont ainsi parvenus à faire réintégrer dans le texte préparatoire à la COP 21 les questions des droits humains et du « travail décent ». Incluses dans le principe d’une transition juste, validée en 2010 à Cancun, elles avaient été supprimées à l’occasion de la conférence climatique de Durban (COP 17). Un statut modifié leur permettant d’être plus que de simples observateurs serait bienvenu, même si le poids des syndicats et des associations notamment dépendra surtout des luttes développées dans chaque pays ou zone géographique.